CHAPITRE VII
Je roule pendant une heure environ, avant de me retrouver dans un parc. Il y a deux terrains de basket-ball et un de base-ball, un grand bassin rond dans lequel s’ébattent quelques canards blancs, et un vaste pré où des enfants jouent au cerf-volant. Assise entre le bassin et les courts de base-ball, j’essaie de réfléchir : comment réparer le gâchis qu’est devenue ma vie ?
Pendant les dernières vingt-quatre heures, j’ai songé à emmener Kalika dans le laboratoire clandestin d’Arturo, où se trouve tout l’attirail qui a permis les transformations inverses : les aimants en forme de crucifix, les longues plaques de cuivre, les cristaux diversement colorés. Mais je sais pourtant qu’une telle tentative, destinée à rendre Kalika humaine, serait – au mieux – le dernier recours, et au pire, un acte inspiré par le désespoir. L’une des rares fois où Arturo avait tenté l’expérience sur un jeune garçon – cher Ralphe –, le résultat avait été désastreux. Ralphe s’était retrouvé transformé en un ogre friand de chair humaine, et j’avais été obligée de lui rompre moi-même les cervicales pour l’empêcher de tuer les villageois. Décidément, non, je ne peux pas pratiquer cette expérience sur Kalika, du moins tant que toutes les autres possibilités n’auront pas été explorées.
Ce qui signifie que j’ai absolument besoin de sang humain. Et tout de suite.
Sur le terrain de basket, un tout jeune homme jette un coup d’œil dans ma direction. Je ne suis plus la vampire que j’étais, d’accord, mais je reste ravissante. Le jeune homme doit avoir dix-huit ou dix-neuf ans, il est blond, et très bien bâti – plus d’un mètre quatre-vingts. Le poids de ma future proie, lui aussi, est déterminant : s’il pèse lourd, il sera d’autant plus capable de survivre à la perte de sang que je vais lui infliger. Mais il sera également plus difficile à maîtriser… Ma fille est chez moi, et elle hurle de faim. Quand je suis montée dans la voiture, j’ai entendu les cris de Kalika : ils résonnent encore à mes oreilles, faisant écho à ceux de mes anciennes victimes.
Accrochant du regard celui du jeune homme, je lui souris. Il m’adresse aussitôt un clin d’œil complice. J’ai éveillé son intérêt, il est condamné d’avance.
Le match terminé, il se rapproche de moi nonchalamment.
— Salut !
— Salut.
Je lui rends sa politesse, tout en adressant un petit signe de tête à ses coéquipiers, plus loin sur le terrain. J’ai fait en sorte qu’ils ne voient que mon profil – pas question d’être trop longuement dévisagée !
— Vous savez, vous jouez très bien. Et quelle puissance dans vos tirs !
— Merci. Je dois dire que ces matchs improvisés me plaisent toujours autant.
— Vous étiez dans l’équipe de votre lycée ?
— Ouais. Jusqu’à l’année dernière. Et vous ?
J’étouffe un rire mutin.
— Je n’avais pas la taille requise pour jouer au basket.
Il rougit.
— Non, je veux dire, vous avez fini vos études ?
— Assez récemment, oui.
Je m’interromps un instant, laissant mon regard glisser sur lui.
— Comment vous appelez-vous ?
— Eric Hawkins, et vous ?
Je me lève et je lui tends la main.
— Cynthia Rhodes. Vous venez ici souvent ?
— D’habitude, je joue à Centinela. Ce parc… Je ne suis pas venu ici depuis une éternité.
Ça, c’est excellent… me dis-je, avant d’enchaîner.
— Pour quelle raison êtes-vous venu aujourd’hui ?
Eric hausse les épaules.
— Aucune en particulier. Je suis passé devant en voiture, voilà tout.
Ça aussi, c’est très bon… Donc, les gars avec lesquels il jouait ne sont pas des amis très proches.
— Pareil pour moi, lui dis-je.
Visiblement intimidé, il fixe le sol.
— Hé, ça vous dirait de boire un Coke, ou autre chose ?
— Volontiers. De toute façon, je n’ai rien d’autre à faire.
Nous nous rendons dans un salon de thé, et je commande un café. Depuis que je suis redevenue humaine, je bois des litres de café, ce qui n’arrange guère mes problèmes d’insomnie. Eric, lui, prend un hamburger et des frites, et j’avoue que je suis ravie de le voir manger d’un si bon appétit. C’est qu’il aura besoin de toutes ses forces, après… Et tandis qu’il me parle de lui, je commence à éprouver une profonde tristesse. Il a l’air tellement gentil…
— Je quitte l’université pour un congé sabbatique d’un an, mais j’y retourne l’année prochaine, dit-il. J’en ai marre des études de médecine, la fac vient d’accepter mon dossier. Faut dire que mon père est médecin, et qu’il me pousse à m’engager dans cette voie depuis que j’ai été en âge de l’écouter.
— Pourquoi n’allez-vous pas tout de suite à l’université ?
— Ben, j’avais envie de voyager, mais j’avais aussi envie de gagner de l’argent. J’ai passé tout l’été en Europe, et un mois entier sur les îles grecques. Vous êtes déjà allée là-bas ?
Entre deux gorgées de café, je hoche la tête.
— Oui, bien sûr. Vous avez visité Delos ?
— L’île couverte de ruines antiques ?
— On dit que c’est une île sacrée, la plus importante de toute la mer Égée. Apollon lui-même est né à Delos.
— Ouais, j’y suis allé ! Vous y étiez en quelle année ?
— Ça fait déjà pas mal de temps.
Plongeant alors mon regard dans le sien – et me trouvant nulle de le manipuler de façon aussi éhontée – je déclare :
— Je suis vraiment contente d’être venue dans ce parc aujourd’hui.
Les yeux fixés sur son burger, il esquisse un sourire timide.
— Ouais, quand je vous ai vue assise toute seule, je sais pas, mais… J’ai tout de suite eu envie de vous parler.
Et il précise aussitôt :
— Pourtant, en général, je ne suis pas un dragueur.
— Je sais tout ça, Eric.
Nous bavardons encore un peu, le temps pour Eric de finir son burger, puis il jette soudain un coup d’œil à sa montre.
— Hé, faut que j’y aille, mon père m’attend. Le mardi et le jeudi après-midi, je travaille pour lui, au bureau.
Une vague de panique me submerge. Il est hors de question que je rentre à la maison les mains vides : j’entends déjà les hurlements de Kalika. Me penchant vers Eric, je prends sa main entre les miennes.
— Pourriez-vous me rendre un tout petit service ?
— Bien sûr. Quel genre de service ?
— Eh bien, c’est un peu gênant. Voilà : mon ex fiancé me harcèle. Oh, il n’est pas violent, rien de tout ça, mais dès qu’il me voit rentrer chez moi, il bondit hors de sa voiture et cherche par tous les moyens à m’accompagner à l’intérieur.
Je prends une profonde inspiration, et je lâche d’une voix contrite :
— Vous pourriez me suivre en voiture jusque chez moi ? Je me sentirais vraiment rassurée… D’ailleurs, j’habite juste à côté.
— Vous n’habitez pas chez vos parents ?
— Non, je suis orpheline. Je vis toute seule.
Cette révélation trouble le jeune Eric Hawkins.
— Ouais, bien sûr que je peux vous suivre jusque chez vous, mais je ne pourrais pas rester.
— Je comprends tout à fait. Vous m’accompagnez jusqu’à ma porte, c’est tout.
Eric est du genre serviable, mais il semble hésiter. Je l’avoue, mes talents d’actrice ne sont plus ce qu’ils étaient. Je lui plais, c’est vrai, mais quand même, il se méfie un peu. Quant à ce que je compte en faire lors qu’il sera chez moi, il faut vite que j’établisse un plan d’action.
Par une malchance extraordinaire, Paula est justement plantée devant la porte d’entrée quand je me l’are devant la maison. La saluant d’un signe de la main, je me précipite vers la voiture d’Eric, immobilisée au milieu de la chaussée. Je lui demande s’il peut attendre une minute, mais il est impatient de rejoindre son père au bureau.
— Si je suis en retard, même d’un quart d’heure, il pique une crise, m’explique-t-il.
— Je vous suis tellement reconnaissante d’avoir fait le détour jusqu’ici, mais j’ai vraiment peur que mon ex soit dans le coin. Si ça se trouve, il est peut-être dans la maison…
Montrant Paula, qui attend patiemment, Eric me demande :
— Et elle, c’est qui ?
M’enfonçant un peu plus profondément dans une honte coupable, je déclare d’un ton méprisant :
— Elle ? C’est une pauvre fille qui attend un bébé et qui s’arrête de temps en temps chez moi pour me demander de la dépanner financièrement. Si je ne m’en débarrasse pas tout de suite, elle va s’incruster tout l’après-midi.
Posant une main pressante sur le bras d’Eric, je susurre :
— Je vous en prie, attendez encore deux minutes avant de repartir.
Eric hésite.
— Bon, d’accord.
Tandis que je me précipite vers Paula, cette dernière m’adresse un sourire éclatant d’amitié.
— Qu’est-ce que tu fais ici ?
Tout en me dévisageant attentivement, Paula réplique :
— J’étais inquiète, tu ne m’as donné aucune nouvelle depuis une éternité ! Elle est très intuitive, je le sais.
— Tu étais malade ? Ton visage est d’une pâleur…
— J’ai chopé la grippe, dis-je. Écoute, Paula, je ne peux pas te parler pour l’instant. Ce gars, là, dans la voiture, c’est le frère de mon ami, et il se trouve qu’il a des ennuis, de graves ennuis. Je ne peux pas t’en dire plus, mais sache seulement qu’il a besoin de mon aide.
Ma déclaration déstabilise Paula.
— Très bien, je m’en vais. De toute façon, j’avais envie de me promener un peu.
Elle jette un coup d’œil en direction d’Eric.
— Tu es sûre que tout va bien ?
— Tout baigne, je t’assure.
Montrant son gros ventre, je change habilement de sujet.
— On dirait que c’est pour bientôt.
Le visage de Paula s’illumine.
— Encore trois semaines.
— Génial. Au fait, tu as frappé ? dis-je en désignant la porte d’entrée. Tu as parlé à Ray ?
— J’ai frappé, mais personne n’a ouvert.
— Ah.
Bizarre. D’habitude, Ray est presque toujours à la maison. En plus, avec Kalika et tout ça, il n’a aucune raison de sortir, et je ne peux pas croire qu’il l’aurait emmenée avec lui. Peut-être qu’il n’a pas ouvert la porte à cause de Kalika, justement, mais je n’entends ni l’un ni l’autre à l’intérieur de la maison. Je dis alors à Paula :
— Je te téléphone dès que je peux. On ira déjeuner ensemble, promis.
Et Paula de redescendre gracieusement les marches du porche.
— Prends soin de toi.
— Dis une prière pour moi.
— Tu es toujours dans mes prières, Alisa.
Paula s’éloigne, et je fais signe à Eric de venir me rejoindre. Après avoir garé sa voiture dans l’allée, il s’approche, visiblement à contrecœur. On dirait qu’il a des antennes, et apparemment, j’émets de mauvaises vibrations… Il faudra que je pense à me débarrasser rapidement de sa voiture, avant que les voisins n’aient le temps de s’étonner de sa présence chez moi. Feignant une nervosité fébrile, je fouille dans mon sac à la recherche de mon trousseau de clés. D’ailleurs, je suis nerveuse – c’est que je n’ai pas la moindre envie de faire du mal à ce garçon. Et s’il se défendait ?
— Plusieurs fois, mon ex est passé par l’une des fenêtres à l’arrière de la maison, dis-je en enfonçant la clé dans la serrure.
— Vous devriez fermer toutes vos fenêtres, grommelle Eric.
Nous entrons, et je lance :
— Je vous sers quelque chose à boire ?
Un rapide coup d’œil m’apprend que ni Ray ni Kalika ne sont dans la maison. Ray est peut-être sorti avec elle. Eric, lui, reste près de la porte.
— Faut que j’y aille, vraiment, me dit-il.
— Buvez au moins une limonade, j’en ai fait ce matin.
Je me dirige vers la cuisine.
— Vous savez, vous me rendez un immense service.
Eric est piégé.
— Un petit verre, alors, accepte-t-il sans enthousiasme.
J’ai réellement fait de la limonade – avec un sachet de concentré, le matin même – et, après en avoir rempli deux verres, je me hâte de retourner au salon. Le ressentiment que j’éprouve envers Ray croît de plus en plus : pour persuader Eric d’entrer dans la maison, il valait mieux que Ray ne se montre pas, mais j’aurais bien besoin de lui pour assommer le jeune homme, à présent. Après tout, je ne suis qu’une jolie blonde de cinquante kilos qui vient d’avoir un bébé. Eric lève son verre, et nous trinquons. Eric avale une première gorgée de limonade.
— Elle est bonne, dit-il poliment.
— Merci. Les citrons viennent des arbres de notre jardin.
— Même en cette saison, les citronniers donnent des fruits ?
Je souris.
— En ce moment, non, mais l’été, bien sûr.
Eric se force à boire quelques gorgées de plus, puis il repose son verre sur la table du salon.
— Bon, mon père m’attend, on reprendra cette conversation un autre jour. Je suis content d’avoir fait votre connaissance.
Simulant alors un mouvement de frayeur, je lui dis à voix basse :
— Vous avez entendu ?
Eric paraît intrigué.
— Quoi ?
Je lui montre le couloir.
Je crois qu’il est là.
Fronçant les sourcils, Eric s’étonne.
— Je n’ai rien entendu.
Apparemment terrorisée, j’insiste :
— Vous voudriez bien aller vérifier qu’il n’y est pas ? Pour me rassurer ?
— Cynthia, franchement, il n’y a personne dans ce couloir.
J’ai les plus grandes difficultés à déglutir.
— S’il vous plaît ? C’est quand il essaie de me surprendre qu’il me fait le plus peur. Et toute seule, pas moyen de m’en débarrasser.
Le regard d’Eric est braqué sur le couloir obscur.
— Vous êtes certaine qu’il n’est pas violent ? Pourquoi entre-t-il chez vous par effraction ?
— La violence lui fait horreur, c’est un type collant, c’est tout. Je préférerais que toute cette histoire soit seulement le produit de mon imagination.
Eric se dirige vers le couloir, et je lui emboîte le pas en silence. Tout humaine que je sois, je peux encore me déplacer aussi discrètement qu’un chat. Et au moment où Eric arrive au bout du couloir, je détends violemment la jambe, mon pied frappant l’arrière de son genou droit. Dans un craquement de ligaments arrachés – c’est un point particulièrement vulnérable –, Eric s’écroule sur lui-même en poussant un cri de douleur. Sans lui laisser le temps de se ressaisir, du tranchant de la main, je le frappe à la tempe gauche, à l’endroit où la boîte crânienne est la moins épaisse. Le coup l’assomme, mais il ne perd pas conscience. Dégoûtée, je frappe à nouveau, cette fois sur la tempe opposée, et de toutes mes forces – j’en ai la main toute rouge. S’obstinant à rester à genoux, Eric vacille dangereusement, mais il n’est toujours pas évanoui. Au contraire, il prend appui sur le mur le plus proche, et tente de se redresser. C’est un vrai bagarreur, et j’enrage de ne pas pouvoir le laisser filer, mais je me suis trop engagée. Reculant d’un pas, je bondis : mon talon gauche s’abat sur la nuque d’Eric. Cette fois, il a son compte, et il s’étale par terre. L’arrière de son crâne saigne, et quelques gouttes de sang tachent déjà la moquette. On avait bien besoin de ça…
— Désolée, vraiment, dis-je à mi-voix en m’agenouillant à côté du corps inerte. Je vérifie que son pouls bat toujours – je ne l’ai donc pas tué. La tête posée sur la moquette, Eric respire fort, mais son pouls est bon.
Soudain, je sens qu’il y a quelqu’un derrière moi.
— Bien joué, dit Ray.
En colère, je me tourne vers lui.
— Oui, encore une chance que j’aie été assez forte physiquement pour le mettre K-O. Où étais-tu passé ?
Ray hausse les épaules.
— J’étais là, à côté.
— Où est Kalika ?
D’un signe de tête, il indique la porte de la chambre qu’Eric s’apprêtait à ouvrir.
— Là-dedans. Je lui ai dit de se taire.
— Et elle t’a obéi ?
Très sérieusement, Ray déclare :
— Kalika m’obéit toujours.
— Veinard.
D’un signe de tête, je désigne Eric, par terre.
— On va le mettre où ?
— Dans la chambre d’amis. Il faut le ligoter, le bâillonner, et prélever sur lui la quantité de sang dont notre fille a besoin.
— C’est peut-être plus qu’il ne pourra en donner, dis-je à Ray en passant la main dans ses cheveux.
— Nous nous occuperons de ce problème plus tard.
Ray réfléchit un instant.
— Comment allons-nous procéder pour le prélèvement sanguin ?
— Il nous faut des aiguilles, des seringues, des tourniquets, des tubulures, et des flacons vides, que nous trouverons dans ma maison de Beverly Hills.
Je me redresse en essuyant mes mains ensanglantées. Le sang de ce pauvre Eric.
— J’y vais tout de suite.
Ray m’arrête.
— Tu disais que cette adresse était peut-être surveillée par la police.
Je déteste qu’on m’arrête en plein élan.
— C’est un risque à courir : je refuse de me procurer ce matériel en braquant un drugstore.
— Avant de partir, il faut que tu m’aides à le ligoter.
— Tu ne peux pas te débrouiller tout seul ? Plus vite je partirai, plus vite je serai de retour.
Je jette un coup d’œil à la porte de la chambre dans laquelle se trouve Kalika. Ma fille ne s’est pas encore manifestée.
— Kalika doit crever de faim, non ?
— Si tu m’aides à le ligoter, ce ne sera pas long, et je pourrai ensuite t’accompagner jusqu’à Beverly Hills.
— Non, dis-je d’un ton qui n’admet aucune réplique. Je vais là-bas seule.
Ray hésite quelques secondes.
— Parfait. Mais je crois qu’il vaut mieux que ce type ne nous voie pas ensemble.
— Pourquoi ?
— C’est pourtant évident : s’il peut m’identifier, ça double nos chances d’être arrêtés par la police.
Je regarde Ray.
— Tu as réellement beaucoup changé.
Il se contente de hausser les épaules.
— C’est peut-être à cause du sang d’Eddie Fender.
— Peut-être, oui.
Je soutiens son regard.
— D’accord. Je m’occupe donc du jeune type, comme de tout le reste d’ailleurs. La seule condition, c’est qu’il est hors de question d’abuser de la résistance d’Eric. Ce garçon restera en vie.
Ray hoche la tête, comme pour approuver ce que je viens de dire, mais ses yeux semblent dire exactement le contraire.